Dès la fin des années 50, l’Etat a affirmé sa volonté de doter notre pays d’un pôle économique majeur et a choisi le site de La Défense sur les communes de Puteaux et Courbevoie.
Pour relever ce défi, il a créé un établissement public, l’EPAD, dont les administrateurs sont à parité des Elus et des fonctionnaires d’Etat et, par le passé, c’est souvent un Préfet qui a présidé aux destinées de cet établissement dont la vocation première a été de réaliser l’aménagement de ce quartier, d’attirer des entreprises et de vendre des charges foncières pour permettre les constructions de grands sièges sociaux.
C’est ainsi que La Défense est devenue en quelques années le premier pôle d’affaires européen, regroupant sur 160 hectares : 3 millions de mètres carrés de bureaux, 1 500 sièges sociaux, 150 000 salariés (dont 86 % utilisent les transports en commun, un record) mais aussi 200 000 m² de commerces et 600 000 logements, totalisant ainsi plus de 20 000 habitants.
Il est apparu ces dernières années que cette image forte de réussite exemplaire cachait des fragilités inquiétantes pour un proche avenir.
- Le vieillissement du bâti.
Toutes les études conduites par l’EPAD, l’AUDE ou par le Cabinet Ernst et Young ont montré les faiblesses du parc immobilier actuel :
- un immeuble sur 6 construit avant 1985 et pas réhabilité.
- 40 % des immeubles ont des plateaux trop petits et des hauteurs de plafonds qui ne correspondent plus aux standards de la demande actuelle.
De fait, 17 tours, totalisant 650 000 m² (20 % du parc) sont aujourd’hui potentiellement hors marché. Certaines sont en tout ou partie vides ; 2 chiffres pour compléter cette réalité d’obsolescence :
- La Défense a perdu près de 20 000 salariés ces dernières années passant de 170 000 à 150 000 personnes.
- Si les quelques immeubles nouveaux trouvent rapidement preneur, l’offre de seconde main représente aujourd’hui 90 % du stock disponible et ne trouve pas d’occupant.
Les grandes capitales européennes qui sont en concurrence directes avec La Défense se donnent les moyens d’attirer les grandes entreprises internationales et, si on prend le seul exemple de Londres (1ère place financière d’Europe), elle est devenue la première métropole pour l’implantation de sièges sociaux et de firmes internationales. Sur les 5 dernières années, Londres a attiré le quart des implantations en Europe, contre seulement 5 % pour toute l’Ile-de-France. Et le grand Londres ne compte pas s’arrêter là, avec notamment, le projet de Thames Gateway qui va se développer sur une soixantaine de kilomètres de part et d’autre du fleuve, à l’Est de Londres.
Milan, Barcelone, Francfort, Hambourg et même Moscou, présentent aujourd’hui des alternatives crédibles à La Défense avec, en plus, de grands projets soutenus par leurs Etats respectifs avec, souvent, des allègements fiscaux.
Il fallait donc réagir, et le Plan de Renouveau de La Défense, voulu et porté par l’Etat, est une réponse à cette concurrence internationale et à cette perte régulière de richesse et d’emplois.
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