Huit organisations syndicales ont appelé à la grève, jeudi 29 janvier. La liste des services publics, entreprises ou professions touchées ne cesse, heure après heure, de s’allonger : SNCF, RATP, La Poste, France Telecom, EDF, GDF-Suez, Education Nationale etc.
Jeudi, la France va être paralysée, sans que l’on sache exactement pourquoi.
Mais soyons honnêtes. La grève de jeudi prochain marque un progrès par rapport aux mouvements sociaux sauvages que l’on a pu connaître par le passé. Conformément à la loi du 21 août 2007 sur le service minimum dans les transports, les syndicats ont publié, en temps et en heure, un préavis de grève. Le texte impose en effet que les salariés informent, au plus tard 48 heures avant le début de la grève, le chef d’entreprise ou la personne désignée par lui de leur intention d’y participer. Délai respecté, puisque la CGT, par exemple, a déposé un préavis dès le 19 décembre dernier. Les usagers n’auront donc pas de mauvaise surprise matinale au moment de se rendre sur leur lieu de travail.
Deuxième avancée intéressante, le texte d’août 2007 impose une obligation de service minimum. Ainsi, chaque entreprise de transport devra fixer les priorité de dessertes sur la base desquelles elles aborderont un plan de transports adapté et exceptionnel. De la même manière, l’Etat ou les Communes devront assurer l’accueil des enfants scolarisés, conformément à loi d’août 2008.
Reste malgré tout le fond du problème, et une interrogation récurrente : à quoi sert cette grève ? Existe-t-il, aujourd’hui, une probabilité que les statuts du service public soient alignés sur ceux du privé ? La réponse est non. Objectivement, il n’y a pas de raison que le service public fasse grève. Un simple coup d’œil chez nos voisins européens est suffisant pour nous en convaincre. En France, le secteur public bénéficie d’avantages qui n’existent pas ailleurs. A titre d’exemple, en Allemagne et en Autriche, les fonctionnaires statutaires (soit 1 fonctionnaire sur 3) ne disposent pas du droit de grève. En Italie, la grève est interdite pendant les périodes de pointe et les vacances scolaires. Le cumul des grèves de transport y est aussi prohibé : pas de ferroviaire et d’aérien en même temps. Si ces exemples constituent des extrêmes, la majorité de nos voisins ont, quoiqu’il en soit, adopté un système de service minimum bien avant nous. La France, qui compte aujourd’hui environ 5 millions d’agents de la fonction publique, est le pays européen où les fonctionnaires sont les plus nombreux, devant l’Allemagne (4 millions). De manière logique, la France est aussi l’un des pays où les investissements en faveur du secteur public sont les plus importants. Ces dépenses sont bien sûr essentielles au bon fonctionnement de notre pays. Cependant, il faut cesser de dire que les fonctionnaires français sont les victimes d’un système injuste. Ce dernier point prend d’autant plus de sens à l’heure où le secteur privé est frappé de plein fouet par la crise économique, la baisse des résultats et les licenciements. A chacun de s’en souvenir, à chacun d’être solidaire et de participer à l’effort collectif qui nous permettra de sortir au plus vite de cette période difficile.
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